Jardin punk

Jardin Punk - Photo Didier Laget
– Qu’est-ce que tu lis ?
– Un bouquin que j’ai découvert dans un article de RTBF.
– Petit traité du jardin punk ? C’est quoi un jardin punk ? On sème des canettes de bière et on taille ses haies en mohican.
– Non, être un jardinier punk, c’est se montrer créatif en refusant de céder à la pression sociale et en laissant de la place pour tout le monde.
– N’importe quoi.
– Si, réfléchis : si tu tonds ta pelouse si régulièrement, bien à ras, détruisant une foule d’insectes et de lombrics sur ton passage, et donc la nourriture des oiseaux, c’est en partie parce que tu ne veux pas que les voisins pensent que tu es un sagouin qui laisse tout partir à vau-l’eau. Ça, c’est pour le volet culturel et social. Pour le côté environnemental, tu peux imaginer un jardin autrement, plus ouvert aux plantes que tu n’attendais pas, et surtout aux animaux que tu fais, sans le savoir, disparaître de ton paysage. Eric Lenoir, l’auteur du livre, propose une alternative : moins travailler dans le jardin pour recréer de vrais liens avec la nature et agir pour la biodiversité.
– Ben voyons, une forêt vierge devant la terrasse, c’est vrai que ce serait sympa.
– N’exagère pas. Ce livre fait la différence entre la nature et un jardin. Il ne dit pas qu’il ne faut rien faire du tout : il dit qu’il faut faire moins et mieux. Observer son jardin, repérer les espaces ombragés et ensoleillés, pour savoir ce qui pousse naturellement, et où. C’est le meilleur moyen d’avoir de jolies fleurs des champs plutôt que des plantations qui ne donnent rien, de voir revenir reptiles, papillons et hérissons… De profiter d’un jardin plus vivant !
– Tout ce que je retiens, et pour cela je remercie Eric Lenoir, c’est que je vais arrêter de me bousiller le dos en poussant la tondeuse.

Photo : Didier Laget

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